Prévenir, au travail, les conduites addictives !

PDF 10 pages
Publié le 29-07-2016

Un paradoxe caractérise la problématique des addictions et du travail : bien que très répandues dans le monde du travail et avec d’importantes conséquences, les pratiques addictives y sont souvent une question niée parce que sensible, voire taboue.
Dans le contexte novateur du troisième plan de santé au travail dont l’objectif stratégique est de faire du travail un facteur de santé, la présente étude effectue une analyse critique de l’état du droit, examiné dans ses catégories et segmentations. Elle montre comment l’approche dominante, d’ordre individuel, freine l’essor d’une prévention effective des addictions en milieu professionnel. Elle esquisse une stratégie juridique de prévention plus globale et collective, dans une approche qui serait gagnante tant pour la santé publique que l’efficacité économique.

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Faites le point sur :


  • L’approche juridique dominante des conduites addictives

  • La prévention des conduites addictives

L'essentiel à retenir:

La loi sur le dialogue social modifie les règles de fonctionnement et l'organisation du dialogue social. Santé au travail, CPA, CDD, DUP... Les changements sont nombreux et certains sont déjà en place.

Extrait du livre blanc

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la communauté scientifique convergent : l’addiction est une maladie , une pathologie. Elle se manifeste par l’impossibilité pour un individu de maîtriser ou arrêter, malgré sa connaissance des conséquences négatives, une pratique apportant du plaisir ou neutralisant une sensation de mal-être. L’objet de l’addiction devient une « béquille » dont la personne ne peut plus se passer et qui envahit son quotidien. L’addiction, répète le Dr Olivenstein 1 , est « une maladie complexe du cerveau et des émotions ». Avec l’évolution des modes de vie, les pratiques individuelles addictives ont pénétré tous secteurs et milieux professionnels 2 . Ces pratiques regroupent l’ensemble des usages de substances psycho-actives (SPA) 3 , certaines licites et d’autres illicites : usage simple (sans conséquences immédiates), usage nocif (consommation répétée avec conséquences mais pas de dépendance) et la dépendance : addiction, évolution ultime d’une pratique addictive. Selon leur niveau de consommation, toutes les SPA modifient l’activité mentale. Elles incluent les médicaments prescrits pour traiter des pathologies psychiatriques, des troubles de la personnalité, des troubles du sommeil, de la douleur…, parfois détournés de cet usage thérapeutique (automédication fréquente). Se répandent aussi d’autres dépendances (addictions sans substance), purement comportementales : workaholisme 4 , techno-dépendances 5 . Avérée 6 , la relation entre conduite addictive et entreprises est marquée par des paradoxes. • Les consommations comparées des demandeurs d’emploi et des actifs occupés montrent qu’exercer une activité professionnelle est plutôt protecteur 7 . • Pour autant, le travail est très concerné : outre la diffusion par importation dans tous les milieux professionnels, des liens endogènes existent entre conduites addictives et travail : soit par acquisition (sollicitations et facilitations dans le milieu de travail :